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Gabriel

 

Ma grossesse

Le 27 février 2012, après 5 mois d'essais, j'apprends que je suis enceinte. Quel bonheur !!! Les premiers mois passent ...

Beaucoup de nausées comparé à ma 1ère grossesse, un peu de fatigue mais peu importe. Notre famille va s'agrandir, ma petite perle va devenir "grande soeur". Confiants, nous nous rendons à l'écho des 12 SA avec notre fille. Tout se passe bien, mais je vois une masse à l'image. Je demande au médecin ce que c'est, elle me répond gentiment "sa vessie, je vous expliquerai après". L'examen continu, mais je sens au fond de moi que quelque chose ne va pas. En effet, à la fin de l'écho, elle nous explique que le bébé à une méga vessie modérée, qui peut être un signe de trisomie. 1er coup dur !

Nous restons forts face à notre fille. Une choriosynthèse est prévue 4 jours plus tard.

Le jour de l'examen, la vessie est redevenue de taille normale. Bon signe selon le médecin. Quelques jours plus tard, nous recevons les résultats. Tout va bien, et c'est un petit garçon. Quel soulagement !

Stéphane et moi avions une préférence pour une petite fille, mais je fais doucement à l’idée. Je vais avoir un fils ! Je vais pouvoir souffler et profiter de ma grossesse. On programme quand même une écho à 18 SA, par mesure de précaution.

J'y vais confiante, seule, mon mari étant au travail et n'ayant pu se libérer. L'examen se passe bien, je m'émerveille devant mon petit garçon. Mais à la fin de l'examen, le médecin m'informe qu'il y a un problème aux reins. Mon monde s'écroule, je m'imagine de suite mon bébé à l'hôpital régulièrement, des dyalises voir même une transplantation (dans l’ignorance, tous les scénarios me viennent à l’esprit) ....

Je ne comprends pas vraiment les termes médicaux avec lesquels on me parle. Le médecin me dit que pour le moment, il faut attendre que les reins se forment bien pour voir l'évolution. En clair, je n’ai pas vraiment de réponse précise, « il faut voir l’évolution » [cette malheureuse phrase me suivra tout au long de ma grossesse]. Je sors anéantie !

J'appelle mon conjoint, effondrée ! Le soir, je fais quelques recherches. Mon petit garçon à un pyélectasie bilatérale avec duplication du bassinet à droite. Je trouve pleins de témoignages ... des bons ... des moins bons .... Je ne suis pas beaucoup plus avancée, et j'ai peur d'être trop optimiste et de tomber de haut.

La semaine suivante (un vendredi, jour de la kermesse d’Anaëlle), je m'inquiète car je ne sens plus bébé bouger depuis 3 jours. J’appelle donc ma gynéco qui me suis depuis le début de ma grossesse et qui au lieu de me proposer de venir faire une écho de contrôle chez elle, me demande de me rendre aux urgences de la clinique. Cela ne m’aide en rien, je panique encore plus. Etant a mon travail, j’appelle Stéphane qui heureusement ne travaillait pas ce jour là, afin qu’il prenne mon dossier de maternité et qu’il vienne me chercher pour aller à Bordeaux Nord.

Arrivés aux urgences, on contact le Dr Gaillac, qui me recevra dans l’après midi, mais on me dit de ne pas m’inquiéter, qu’à ce stade de grossesse, c’est normal de pas le sentir tout le temps. Cela ne me rassure pas plus, j’aurai voulu une confirmation échographique. Je me rends chez le Dr Gaillac à 16h. L’occasion pour lui de prendre le dossier en main, de me rassurer.

Et en effet, après une écho de contrôle, bébé bouge bien, mais j'ai beaucoup de liquide amniotique, ce qui explique que je ne sente pas toujours les coups qu'il me donne surtout au stade de ma grossesse. Puis il m'explique que ses problèmes aux reins n'ont rien d'inquiétants, cela serait même assez fréquent chez les petits garçons. Une histoire d’obstacle à l’évacuation de l’urine pour simplifier. Je sors soulagée de mon rendez-vous et bien entourée. Je vais pouvoir vite rentrer pour assister à la kermesse d’Anaëlle.

Je profite tranquillement de ma grossesse jusqu’à l’écho des 22 SA. Le Dr Mangione à un doute sur le cœur du bébé et souhaite que nous voyons un spécialiste pour avis spécialisé. Notre monde s’écroule de nouveau. Rendez-vous est pris le lendemain après midi avec le Dr Girardot. Après 1h d’écho, le verdict tombe : possible troncus et CIV. S’est terminé pour moi, je m’écroule et m’excuse auprès de Stéphane. Je comprends que tout est terminé. Mais mon obstétricien, qui comprend notre position, souhaite avoir un 2ème avis.

Nous rencontrons donc un deuxième cardiologue, le Dr Jimenez à la clinique St Augustin, qui elle ne retrouve pas du tout ces éléments. Un ventricule à ses parois épaissies, mais à ce jour rien de grave. Il faudra suivre l’évolution tous les mois. Je ressors légère, même si avec Stéphane nous aurions aimé un diagnostic précis. Toujours cette terrible attente …

A cause de cela, je n’arrive pas à me projeter dans cette grossesse, à profiter à fond. J’enchaine les mauvaises nouvelles depuis le début ….. Toujours cette peur de tomber de haut, très haut. Nous continuons a avoir des échos toutes les 3 semaines. La situation n’évolue pas défavorablement. Au fond de moi, une petite lueur d’espoir. Peut être arriverons nous a mener cette grossesse a terme, peut être pourrons nous te sauver afin d’avoir la plus belle et paisible des vies. Mais fin août, nous ne savons toujours pas vers quel diagnostic final nous allons. Allais-tu pouvoir vivre ? Aurais-tu à subir des nombreuses opérations ?

Le Dr Gaillac décide alors de nous adresser à l’hôpital Haut Levêque, spécialisé en cardiologie, afin de rencontrer le Dr Thomas et le Professeur Thambo. Le 3 septembre 2012 , enceinte de 31 SA, après plusieurs mois d’examens et d’attente pour poser un diagnostic précis, on nous confirme que la pathologie de notre petit garçon était très compliquée, que même une intervention ne suffirait surement pas, que le cœur du bébé est fragilisé, donc il faudrait peut être envisager une transplantations cardiaque ….

Nous le savions, nous espérions depuis des mois, mais au fond de nous, nous nous attendions à ce diagnostic. Et nous savions que nous ne pourrions imposer à notre petit garçon toutes ces souffrances, des opérations à répétitions …. Et nous savions que ne voulions pas imposer cela à notre fille, et à nous aussi. Alors nous y voilà. Mon Dieu ! Ce que je redoutais depuis le début aller se produire, j’allais devoir interrompre ma grossesse. Endormir mon bébé pour toujours, sans même lui avoir donné naissance. Comment peut-on imaginer subir ça ? Mais je sais que je préfère souffrir que d’imposer cela à mon bébé. Je suis terrorisée ! Je voudrais m’endormir et me réveiller que tout soit fini, même si je suis sur que ça ne serait pas forcément plus simple. Il faut que j’accompagne mon petit garçon, pour faire mon deuil. Mon petit garçon bouge tellement, tout le temps, et me dire que dans quelques jour, tout va s’arrêter …..

Ajouter à cela qu’Anaëlle me parle souvent de son petit frère, il lui tardait tellement de le voir. Nous venons de la laisser rentrer tranquillement en moyenne section, et allons ce week end lui expliquer ce qui va se passer. J’appréhende tellement ! Comment lui expliquer, trouver les mots justes, être assez forte ? Encore ce soir, elle venait me faire des câlins et caresser mon ventre.

On se dit que cela n’arrive qu’aux autres … et puis voilà ! Les autres, c’est nous. La faute à pas de chance comme le dise les médecins. L’adieu à mon ange, Gabriel (10 et 11 septembre 2012) J’ai le cœur si vide, mais si lourd à la fois et j’ai besoin de raconter la naissance de mon fils, mon petit Gabriel. Alors à la manière d’un journal intime, je vais raconter les journées des 10 et 11 septembre 2012.

 

Lundi 10 septembre 2012 :

J’ai finalement réussi à bien dormir, lexomil m’y a bien aidé je pense. Je ne réalise pas que nous sommes LE jour.

Anaëlle déjeune, regarde un peu les dessins animés puis nous partons l’amener à l’école. Elle ne me parle pas de son petit frère, j’avoue que cela m’arrange car cela aurait été un crève cœur. Je lui réexplique que c’est papi qui viendra la chercher et qui s’occupera d’elle, qu’elle devra être gentille avec lui et l’aider s’il cherche quelque chose dans la maison. En effet, mon père est venu dormir chez nous afin qu’Anaëlle puisse garder son rythme d’école et être avec ses copains histoire de ne pas la perturber d’avantage.

Et nous voilà en route pour la maternité. Il faut d’abord que je passe au laboratoire faire la prise de sang pour l’anesthésiste. La laborantine me dit avec le sourire « ça sent la fin ». Si seulement elle savait la véracité de ses mots …. Alors j’ai souris, et j’ai pris sur moi. Nous arrivons ensuite à l’accueil, nous faisons notre dossier puis nous sommes pris en charge par une sage femme qui nous amène en chambre. Ce sera la n°174.

Elle nous explique que mon obstétricien va venir nous voir, que l’assistance sociale également pour parler avec nous des différentes possibilités (inscription ou non sur le livret de famille, enterrement ou crémation, à nos frais, ou pris en charge par le CHU le Bordeaux …..).

Je ne réalise toujours pas …. Je m’enferme dans la bulle. On vient me prendre la tension régulièrement, on m’explique que vers 12h je devrais prendre une douche à la bétadine en prenant bien soin de nettoyer mon bidou, pour ensuite enfiler la blouse. On me donne un lexomil pour me détendre. Ce que je fais … je somnole. Le temps passe super vite, vers 11h30, la sage femme vient pour me poser la perfusion, mais vu que je ne suis pas encore douchée, elle me propose de le faire maintenant et qu’elle reviendra d’ici 15 minutes.

Voilà, je suis douchée, installée sur mon lit. La sage femme arrive. Première tentative pour me poser la perfusion …. J’ai des veines fines alors elle me fait claquer une veine. Elle s’excuse et me prévient que j’aurai un gros bleu le lendemain. Nouvelle tentative avec un cateter plus petit. Ca y est, elle est en place.

Stéphane est au téléphone avec une collègue à lui, que je connais également un peu, et qui est enceinte de 8 mois. Elle était justement à la même clinique pour son rendez-vous avec son obstétricien. Stéphane me demande si cela ne me gène pas qu’elle vienne nous voir 5 minutes. Sincèrement, je n’ai envie de voir personne. Ni famille, ni ami(e)s, alors ne parlons pas des collègues … mais bon, je sens que lui en a envie. Finalement Nadège arrive, le regard compatissant. Elle ne sait pas trop quoi dire … et moi non plus. Finalement on parle de choses et d’autres.

Stéphane est au téléphone, je ne sais même pas avec qui …. Et là on frappe à la porte, il doit être 14h, on vient me chercher pour aller au bloc. Et là tout s’écroule. Je m’allonge sur le brancard, Stéphane ne vient même pas me faire un bisou, je me sens seule et paniquée …. Vraiment paniquée. Je pleure. Les sages femmes, ou infirmières, me caressent le visage. Ca y est, je suis au bloc. Le même où on m’avait pratiqué la choriosynthèse. Je tremble de partout, j’ai l’impression de vivre un cauchemar. Ca y est, on va arrêter le cœur de mon bébé. Je réalise tout le poids de la décision que nous avons pris.

On me prévient que mon obstétricien va arriver et qu’il sera avec moi. Je demande si on va me donner quelque chose pour me « détendre » car à ce stade, à part lexomil du matin, je n’ai rien eu, je suis donc tout a fait lucide. Vu mon état, on me propose de m’endormir …… je dis oui. C’est ce que j’avais demandé lors du rendez-vous avec l’anesthésiste. Il m’avait dit que ce ne serait pas possible mais que je serai bien shootée. Alors je n’ai pas hésité.

L’anesthésiste est arrivé, pose des capteurs, du tensiomètre, masque d’oxygène, mon obstétricien me chuchote à l’oreille pour me calmer, puis je sens le produit dans mon bras et je sombre. Je me réveille au bloc, on m’explique que tout « c’est bien passé ». Je suis dans les vappes, mais je caresse mon ventre. Mon petit garçon fait dodo maintenant …

 Je n’ai jamais trop caressé mon ventre pendant ma grossesse, trop peur de m’attacher et tomber de haut (ce qui est finalement arrivé), mais là je ressens le besoin de le faire, une manière pour moi de l’apaiser même si c’est déjà trop tard. J’avais énormément appréhendé ce moment, où Gabriel serait « endormi » dans mon ventre jusqu’à l’accouchement. Comment peut-on imaginer que son ventre qui a créé ce petit être, puisse devenir l’endroit où il s’endormirait pour toujours ? Et puis dans une sorte de déni, me persuader qu’il dormait dans mon ventre m’aidait à tenir le choc.

L’infirmière dans la salle de réveil est très attentionnée. Elle vient me parler, on parle d’Anaëlle …. Je crois qu’il est 16h …. Puis au bout d’un moment on vient me chercher pour me remonter en chambre. Stéphane est là, m’embrasse. J’ai ce sentiment d’être apaisée en quelque sorte (je ne sais pas vraiment si c’est le bon mot …), je me dis que le plus dur est passé, que demain je verrai mon petit garçon pour lui dire au revoir.

Vers 18h30 on vient nous apporter notre plateau repas. On mange, on regarde la télé …. Et puis vers 20h, j’ai envie de manger des bétises … kitkat, M&M’s. Alors Stéphane part en chercher au distributeur en bas de la maternité. Je me lève un peu dans la chambre, j’en ai marre d’être allongée. Je vais à la fenêtre prendre l’air … et puis je sais pas, je me sens bizarre. Et là je regarde ma perfusion …. La poche est vide et plein de sang est en train de remonter. Moi qui ai horreur de la vue du sang …. Je vais vite m’assoir sur le lit et on appelle une infirmière. Elle fait le nécessaire, mais pour le coup, j’ai plus la nausée et mon envie de kitkat est partie. J’en profite pour demander un lexomil pour ce soir. Il est 20h, elle m’explique qu’elle passera un peu plus tard me le donner. Avec Stéphane, nous regardons « l’amour est dans le pré » et puis finalement, je m’endors sans cachet ….. sous l’émotion de cette 1ère journée.

 

Mardi 11 septembre 2012 :

Réveil à 7h30 pour prise de tension et de température. Mon obstétricien passe me voir vers 8h00 pour me donner les cachets pour déclencher le travail. J’avale mes deux cachets. Je sais que cela va prendre un certain temps, mais j’espère que je ne vais pas trop souffrir des contractions. Au bout de 20minutes, je suis prise de tremblements incontrôlables, j’ai beau me détendre, souffler, impossible. Mes jambes, mes bras, ma mâchoire tremblent …. On appelle l’infirmière. C’est un des effets indésirables des cachets. Bah manquait plus ça.

Elle me pose une poche de calmant. Cela me fait dormir. On passe régulièrement me voir. Je souffre pas plus que ça, ça contracte, quelque douleurs parfois mais ça va.

A 14h, on me redonne 2 nouveaux cachets. Le col ne bouge pas vraiment …. Je me dis que cela va vraiment être long …. Je demande même si cela peut se terminer en césarienne, car ce serait ma hantise. On me dit que non, qu’il n’y a pas raison. En général, il faut attendre jusqu’à 24h avant que le vrai travail se déclenche. Je ne pensais pas que cela serait aussi long.

Et puis vers 18h20, une douleur me saisi les reins et le bas ventre. Le problème c’est que cela ne passe pas. Rien a voir avec les contractions naturelles que j’avais eu pour Anaëlle. Là, c’est constant, cela ne passe pas. Je n’ai pas de répits. Je pleure de douleur. On m’examine, le col est encore tonique mais s’ouvre à 2. Pour soulager mes contractions, on me passe en salle d’accouchement. La douleur est passée ….

Puis à peine le temps de souffler qu’elle revient encore plus fort, elle baisse légèrement en intensité, pour remonter encore plus fort après et sans cesse. Je n’en peu plus. On fait appeler l’anesthésiste pour la pose de la péridurale, mais je dois patienter un peu car il est avec une autre patiente. Mais quelle horreur ! J’ai mal, je passe mon temps à jurer, je m’excuse auprès de Stéphane, je pleure, je veux que cela s’arrête, je veux au moins un peu de répits. Finalement l’anesthésiste arrive. Il n’est pas très souriant, mais c’est pas grave. Il me pose la péridurale et là ……. Le bien être.

Maintenant, il va falloir être patient, mais tant que je ne souffre pas, cela me va. Je dis à Stéphane d’aller se reposer en chambre, car il a très mal dormi la nuit dernière. Je le ferai appeler en temps voulu. J’ai un peu de fièvre, on me passe des antibiotiques. C’est une réaction normale aux cachets parait-il. Mon obstétricien passe me voir très régulièrement, c’est lui seul qui suit l’évolution de mon col. Il m’est entièrement dévoué, et cela confirme bien mon ressenti quand il m’avait suivi pour Anaëlle. Quelqu’un d’humain, à l’écoute de ses patientes. D’ailleurs, c’est ce que m’a dit Sophie, la sage femme. C’est un des rares gynéco dans la clinique à suivre d’aussi prêt ses patientes dans des situations similaires. Les autres gynéco ne prennent pas le temps de venir au bloc, laissent le soin aux sage femme de faire le suivi et ils n’arrivent qu’au moment de la naissance.

Gabriel a toujours eu la tête en bas, donc il appuie bien sur le col, mais étant donné que j’ai un hydramios (excès de liquide amniotique), il hésite à me percer la poche des eaux, car il a peur que cela fasse changer Gabriel de position et rendre les choses « moins simples ».

Finalement, il appelle un confrère et décide de le faire. Tout en délicatesse, il me perce la poche des eaux et avec sa main veille à ce que Gabriel reste bien. Ca coule, ça coule, ça coule. 3 litres ! Alors qu’une grossesse normale c’est entre 500ml et 1 litre. Je savais que j’avais cet excès de liquide, qui d’ailleurs m’avait déclenché des contractions 15 jours plus tôt, mais là ! Mon ventre à diminué de volume, mais j’évite de trop le regarder.

Vers 21h, Julie, la sage femme de nuit, vient me poser un peu du spasfon pour aider le col à « lâcher » et de l’ocytocine pour faire avancer tranquillement le travail. Mon col est toujours tonique mais s’ouvre à plus de 3.

Vers 23h, après un énième toucher, je suis à 5. Cela avance bien, je demande a ce qu’elle aille chercher Stéphane car je sais, je sens, que tout va s’accélérer. Aussitôt partie, je sens une sensation bizarre. J’ai l’impression que ça pousse. J’appelle vite à la sonnette. Elle arrive en courant. Je lui explique. Elle m’examine de nouveau. En effet, Gabriel est descendu c’est pour bientôt. Et là, je prends conscience que ça y est c’est fini. Que mon petit amour va sortir de moi pour toujours. Julie va faire appeler mon gynéco, qui est rentré chez lui entre temps.

Stéphane arrive. Mais ça pousse ! Ca pousse vraiment. Je ne connais pas cette sensation. Pour Anaëlle, la péridurale devait être trop dosée, et je n’avais strictement rien senti. Là je ressens tout, sans douleur. Ce me fait peur. Je veux que mon gynéco arrive, vite ! Je pleure. Stéphane me sert la main. Julie installe tout et me dis que si vraiment je ressens le besoin de pousser, je peux le faire. Mais non, c’est plus fort que moi, je veux que mon gynéco soit là, et je n’ai pas envie que Gabriel sorte. Je ne sais pas comment faire pour pousser. Je n’ai pas envie. Enfin mon gynéco arrive. Il est serein, parle calmement. Et moi je pleure parce que je sais que dans quelques minutes tout sera vraiment fini. Je sens sa tête sortir, puis son corps. C’est tellement merveilleux comme sensation, mais cela m’arrive dans un moment si terrible.

Je ferme les yeux. J’ai peur de le voir. J’explique que je ne veux pas le voir pour le moment, mais après oui. Je regarde Stéphane, les yeux pleins de larmes. Tout est fini, je me sens vide, là, allongée sur le lit, sans mon fils dans mes bras, comme cela aurait du l’être.

Il est 23h40. Gabriel pèse 2,125 kg et mesure 45 cm. On donne ses affaires à Julie pour qu’elle aille l’habiller. On reste un petit moment seuls avec Stéphane. Lui qui ne voulait pas voir Gabriel, finalement veut le voir. Je demande à Julie si elle peut nous l’emmener. Mais je suis terrorisée intérieurement. Elle ouvre la porte …. Il est là, si petit. Les petits points fermés, son doudou contre lui. Je ne veux pas le voir de plus près, c’est plus fort que moi. Nous pleurons notre petit garçon. Je suis remontée en chambre vers 2h du matin, couchée vers 3h. Nous avons fait toutes les formalités le mercredi matin et sommes rentrés à la maison vers 11h. J’ai ensuite dormi toute l’après midi….

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