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L’histoire de ma toute petite Zoé…

J’étais quelqu’un qui savourait pleinement la vie, profitait intensément de chaque moment de bonheur. On avait un petit garçon, une maison presque finie de rénover, on voulait agrandir la famille, un petit bébé est vite venu se nicher dans mon bidon. Le bonheur parfait. Depuis quelques semaines je disais à mon chéri, on est trop heureux, ce n’est pas possible d’être aussi heureux, il va bien nous arriver quelque chose…

Le samedi 3 janvier, je m’inquiète car voici quelques jours que je ne sens plus mon bébé bouger, et même, que je me sens vide… Je ne peux pas attendre les 15 jours qui nous séparent de la deuxième échographie pour être rassurée. J’appelle la maternité, le médecin de garde me dit qu’à 4 mois de grossesse de toutes façons on ne sent pas son bébé bouger, et quand bien même, ne pas le sentir pendant quelques jours n’est absolument pas inquiétant car le bébé et le placenta se déplacent. OK… Mais je ne parviens pas à me rassurer.

Lundi 5 janvier, je prends RDV avec ma gynéco, elle n’est pas là, tant pis, ce sera sa collègue. J’ai toujours été angoissée par les grossesses de manière générale donc l’idée c’est de me rassurer… J’y vais seule du coup. La gynéco propose qu’on passe tout de suite en salle d’écho pour me rassurer, on causera après. Et là, l’horreur… Je vois que mon bébé ne bouge pas… Je lui demande de vérifier encore et encore. Elle confirme, son cœur ne bat plus. On appelle mon chéri pour qu’il nous rejoigne.

La gynéco nous a dit qu’il fallait accoucher. Un vrai accouchement. Soit le soir même au CHU, soit le lendemain à la maternité où l’accouchement était prévu. Nous avons choisi le lendemain à la maternité, lieu plus sécurisant pour nous. Nous avons ainsi eu rdv mardi matin. Nos minces espoirs d’une erreur de la gynéco vue la veille, de découvrir que finalement notre bébé allait bien, se sont écroulés. Notre bébé était décédé depuis quelques jours déjà. Mais l’accouchement ne pouvait pas se faire le jour même. Le médecin m’a donné les premiers cachets pour déclencher l’accouchement, RDV anesthésiste, et accouchement prévu seulement 2 jours plus tard. Le lendemain RDV psy, sage-femme. Des jours et des nuits interminables. Avec une seule envie : que tout s’arrête. Et puis finalement, ces quelques jours nous ont permis de cheminer. C’était long et court à la fois pour prendre toutes les décisions qu’on nous demandait de prendre.

L’accouchement nous n’avions pas le choix, un accouchement par voie basse, impossible d’être endormie, impossible d’avoir une césarienne, c’était pourtant mon souhait suite au choc de l’annonce. Les choix à faire étaient les suivants : voir ou non notre bébé, lui organiser des obsèques ou laisser la maternité le faire, la déclarer et lui donner un prénom ou non.

Nous avons décidé de ne pas lui organiser d’obsèques nous-mêmes et de laisser la maternité gérer, nous n’en avions pas le courage. Ses cendres sont ainsi déposées au jardin des souvenirs du cimetière du Parc à Nantes. Nous lui commandons une petite plaque pour la déposer sur le totem des bébés nés sans vie. Nous prévoyons de planter un arbre en sa mémoire dans notre jardin.

Nous avions décidé de voir notre bébé, dans la mesure où l’image que nous allions voir ne nous choquerait pas. Notre bébé étant décédé depuis quelques jours, c’était notre crainte.

Nous avons décidé de la prénommer Zoé. Parce que c’est un prénom que nous aimions bien. Un prénom proche du mien toutefois, mais c’est une partie de nous qui s’en va avec elle, ça devient ainsi pertinent. De plus, Zoé signifie « Vie, Existence », et c’est notre souhait, que notre petite fille puisse continuer d’exister dans nos esprits et nos cœurs. Et de la déclarer. Zoé est notre deuxième enfant, même administrativement.

Nous sommes donc arrivés jeudi matin en salle d’accouchement. Des médicaments toutes les 4 heures pour faire venir les contractions. Une péridurale posée très douloureusement mais efficace, avec aucune sensation, c’était le but que je recherchais. Une sage-femme en or. Qui a su nous parler, rassurer, accompagner… Zoé est née à 20h. La sage femme est partie de la salle d’accouchement avec elle. Elle est revenue comme convenu ensuite nous voir. Elle a pleuré avec nous. Elle nous a dit qu’avec son cœur de maman, elle nous conseillait de ne pas la voir. Qu’elle était très bien formée, qu’elle était très belle, mais aussi abîmée par son décès datant d’une semaine. Nous accordions toute notre confiance à cette sage femme et avons ainsi souhaité s’en tenir à son discours. Elle est revenue un peu plus tard en nous disant qu’elle devait aussi nous parler avec son regard de soignant, en nous décrivant notre petite fille plus précisément, et en nous laissant le choix de la voir ou non, mais nous avons décidé de nous fier à son premier discours. Je ne sais pas si nous avons fait le bon choix… Quelques semaines plus tard en tous cas, je vais longuement regretter de ne pas avoir pu la serrer dans mes bras… Elle nous précise que des photos de Zoé sont prises et mises à son dossier. Zoé mesurait 22 cm et pesait 190 grammes.

Les résultats des prises de sang n’ont rien donné. Le médecin évoquait un virus au début, mais non. Nous avons aussi demandé une autopsie de notre fille. L’autopsie n’a rien donné non plus. Nous ne saurons jamais ce qui a causé son décès.

On a planté un joli Camélia dans notre jardin en la mémoire de notre petite fille. On a demandé à un dessinateur de reproduire les photos d’elle, sans les lésions qu’elle avait au visage, et on peut ainsi la regarder encore et encore et la présenter à notre famille. On a écrit un petit livre de son histoire et on l’a fait illustrer, pour notre petit garçon et une éventuelle autre fratrie. Zoé a existé et existera toujours pour nous, toutes ces petites choses sont si importantes pour nous.

Quelques mois plus tard, nous avons décidé de faire un autre enfant. 9 mois de grossesse interminables pendant lesquels le temps a été comme suspendu. Et puis une merveilleuse petite fille est arrivée, un véritable petit morceau de bonheur. Elle ne remplacera jamais Zoé, c’est notre troisième enfant, même si peu la considère ainsi. Nous ne sommes pas totalement comblés bien sûr, mais très heureux malgré tout. J’ai souhaité attendre sa naissance pour partager mon témoignage… Parce que la vie continue et elle peut être belle malgré l’épreuve… Alors j’adresse plein de courage et d’espoir aux parents qui liront mon témoignage…

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